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Discussion: Les commentaires sur les sites d’information et les communautés de l'extrême du net

  1. #21
    [MOD] Futaba fan forever Supreme Overlord Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Avatar de Giromu
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    L’ensauvagement du web : comment le numérique fragilise notre pacte social

    Pourquoi l’agressivité supplante le respect d’autrui et la politesse sur les réseaux sociaux.

    Qu’il est loin le temps du discours utopique sur l’Internet ! Loin le temps où des esprits enthousiastes pensaient que la technologie du world wide web avait vocation à servir les idéaux démocratiques, participatifs et autogestionnaires. On a vu, durant la décennie écoulée, combien les logiques mercantiles s’en étaient emparées ; combien certains opérateurs agissaient en prédateurs pour s’assurer un monopole ; combien les groupuscules extrémistes l’utilisaient pour répandre leur haine ; combien les terroristes l’instrumentalisaient pour attirer à eux de nouveaux adeptes ; combien les États avaient eux aussi appris à s’en servir pour en faire un support d’influence ou de déstabilisation ; combien des enfants pouvaient en faire un moyen de cyberharcèlement.

    Et si des usages démocratiques et participatifs ont pu éclore çà ou là, force est de constater que le côté obscur de la force est bien représenté dans le cyberespace. Dans l’appropriation sociale d’outils d’expression que sont les réseaux socionumériques comme Facebook, Twitter, Instagram ou 4Chan et Reddit, on constate que les coups portés au processus de civilisation cher au sociologue Norbert Elias (un procès de domestication des mœurs et de contrôle de nos pulsions) sont lourds et constants.

    Un processus de décivilisation ?

    L’autocontrainte sociale que les États modernes ont réussi à imposer à leurs assujettis se délite peu à peu sous nos yeux. Le vernis de civilisation apposé sur nos mœurs et nos pulsions craque çà et là. Entre « informalisation » (selon le sociologue Cas Wouters), « désinstitutionalisation » (selon les sociologues François Dubet et Danilo Martucelli) ou encore « liquéfaction » (selon le sociologue Zygmunt Baumann), le même constat affleure : une crise de la société entendue comme système d’encadrement collectif, comme dispositif de contrôle des mœurs, comme outil de socialisation pour faire adhérer chacun à un pacte social posé comme protecteur et bénéfique. L’historien des idées François Cusset, dans un ouvrage récent, parle quant à lui de « déchaînement du monde », en proie à un mouvement de « décivilisation ».

    Ce qui se dit et s’échange, ce qui est produit et qui circule sur les plateformes de réseaux sociaux sont, à nos yeux, le reflet (parfois grossissant et grimaçant) de cette situation. Le voile de la politesse, du respect d’autrui, de l’écoute réciproque se déchire, laissant apparaître l’hydre du sarcasme, de l’égotisme, de l’injure et de la haine de l’autre. Il faut donc analyser l’ensauvagement du web, cet usage transgressif et agressif des dispositifs numériques d’expression qui rompt avec les règles de civilité ordinaires fondatrices du pacte social.

    Mais foin du déterminisme technologique par trop simpliste ! Les plateformes de réseaux sociaux ne sont pas porteuses de tous les péchés contemporains. Il n’y a aucune causalité impérative entre l’expression sur Twitter ou Facebook et la montée des discours haineux. L’usage courtois (comme l’amour, du reste) se peut encore trouver. Il n’en reste pas moins que ces dispositifs technologiques et les mécanismes psychosociaux qu’ils induisent, peuvent favoriser, hélas, les usages malveillants et transgressifs.

    L’anonymat dissociatif

    Sans induire une hiérarchisation, on peut énumérer une série de dispositifs technologiques appareillés à des mécanismes psychologiques qui expliquent la fréquence de ces comportements transgressifs et agressifs sur les réseaux numériques.

    La possibilité offerte de s’inventer des identités en ligne par un pseudonyme est un facteur explicatif important. Car sous couvert de l’anonymat, les couards de toutes obédiences peuvent s’en donner à cœur joie, lâcher leurs mots comme on lâche ses coups, en se sentant intouchables. Et parmi les facteurs favorisant l’effet de désinhibition en ligne, analysé dès 2004 par le psychologue John Suler, ce dernier distingue bien « l’anonymat dissociatif » qui fait que « le moi en ligne devient un moi compartimenté », la séparation de son action en ligne de sa vie réelle développant un sentiment d’impunité.

    C’est le cas du cyber harceleur, ou juste parfois de la figure plus anodine du « troll », « moyen de cracher son fiel sans le filtre du convenable et de la bien-pensance » écrivent dans leur récent ouvrage sur les « monstres 2.0 » Pauline Escande-Gauquié et Bertrand Naivin.

    L’impunité communautaire

    L’agressivité peut aussi résulter des phénomènes communautaires que ces plateformes aspirent justement à créer. Un sentiment de toute-puissance peut émerger chez certains internautes isolés mais confortés par le groupe d’échange auquel ils s’identifient. Les affinités communautaires qui se créent ainsi permettent à des individus de chasser en meute, de harceler une victime expiatrice en se sentant invulnérables grâce au poids du nombre ou confortés grâce au plaisir du partage viral.

    « Les insultes, diffusions de rumeurs ou de photos (voire les trois) prennent rapidement des proportions importantes, produisant un effet d’emballement dû à la viralité : envoi initial, puis renvoi par une personne, repartages, captures d’écrans et diffusion sur d’autres réseaux sociaux, commentaires, etc. » écrivent les auteurs du rapport sur le cybersexisme chez les 12-15 ans.

    L’effacement du visage d’autrui

    Le procès de décivilisation peut aussi être le produit de la situation singulière d’échange discursif où la médiation technologique efface le visage d’autrui de notre champ de vision. Or le visage de l’autre est un frein éthique car pour le philosophe Emmanuel Levinas « le visage est signification » dit-il dans Éthique et infini. Le visage d’autrui est moins vu qu’il n’est d’abord une vision, un regard qui nous voit.
    "« La relation au visage est d’emblée éthique. Le visage est ce qu’on ne peut tuer, ou du moins ce dont le sens consiste à dire : “tu ne tueras point”. »"

    Et il poursuit son raisonnement ainsi :
    "« Dès lors qu’autrui me regarde, j’en suis responsable sans même avoir à prendre de responsabilités, sa responsabilité m’incombe. »"

    L’absence d’interaction visuelle directe libère donc l’internaute de freins éthiques à l’agressivité verbale envers autrui. Ce mécanisme psychologique est proche de ce que John Suler nomme « l’invisibilité » qui fait que les internautes « n’ont pas à s’inquiéter de quoi les autres ont l’air ou comment ils réagissent en réponse à ce qu’ils disent. »

    Autrui reconstruit par notre imaginaire


    Dans son analyse de « l’effet de désinhibition en ligne », John Suler évoque le mécanisme de « l’introjection solipsiste » qui correspond au fait que « consciemment ou inconsciemment, une personne peut assigner une image visuelle à ce qu’elle pense être ce à quoi l’internaute ressemble ou comment il se comporte. Ce compagnon en ligne devient alors un personnage dans son monde intrapsychique. »

    On ne dialogue alors plus avec une personne réelle de l’autre côté du clavier et de l’écran, mais avec un personnage introjecté qui court dans son imaginaire. Or le fait qu’il devienne le fruit de notre construction psychique favorise la désinhibition voire l’agressivité, puisqu’il n’est plus que le fantasme négatif qu’on s’en est construit, méritant l’injure voire notre haine.

    « La levée du refoulement sur la haine »

    Cette interprétation rejoint celle de la philosophe et psychanalyste Hélène L’Heuillet qui analyse dans Tu haïras ton prochain comme toi-même, « la levée du refoulement sur la haine ». Elle en voit une des manifestations dans les théories du complot (qui justement pullulent sur Internet) :
    "« (Ces théories), en postulant une manipulation cachée et généralisée capable d’expliquer l’ordre du monde et le surgissement d’événements, ont une action libératoire sur la haine. Elles aident à la levée du refoulement de la haine. Le complot a partie liée au ressentiment et à l’envie : ce sont des puissants qui nous manipulent. Elles sont issues de la haine et permettent de se livrer à des actes violents sans être embarrassé par l’affect. »"

    La logique du coup d’éclat permanent

    Les métriques associées à nos profils et à nos messages sont aussi un dispositif qui peut induire un relâchement de l’autocontrainte, dans un esprit de compétition. Ces métriques nous placent sous le regard évaluateur de chacun, faisant de chaque message un potentiel test de notre popularité et soumettant à la tentation ceux qui constatent qu’un propos transgressif, qui sort des conventions, y compris jusqu’à l’agressivité, obtient souvent plus de visibilité et de partages qu’un message sobre et pacifique.

    La logique du coup d’éclat permanent, avec indicateur de succès immédiat, peut donc pousser à la transgression des règles de l’autocontrainte respectueuses d’autrui.
    Le côté obscur de la « culture LOL »

    Cela va de pair avec une des facettes de la « culture LOL », qui s’est développée sur ces réseaux. L’affichage d’une posture humoristique ou ironique, distanciée vis-à-vis des faits évoqués et de soi-même est omniprésent dans les messages. L’acronyme LOL (pour « Laughing out loud »), dont l’équivalent francophone serait mort de rire (acronyme : « mdr »), « ponctue les conversations sur le Net ou via les SMS, et annonce l’intention de déclencher un rire. Marqueur de la galaxie numérique, il exprime une tournure d’esprit espiègle qui consiste à ne rien prendre au sérieux et souvent à tourner en dérision les institutions et les personnes de la vie publique », écrit la sociologue Monique Dagnaud.

    Tout se passe comme s’il ne fallait pas trop se prendre au sérieux, que la norme de la culture Internet était de jouer le jeu du détachement, de la complicité par le rire, du clin d’œil. Mais cela autorise certains à rejouer à l’envi la course au bon mot, même le plus vachard et humiliant, en aspirant à mettre les rieurs de son côté, en faisant rire non tout le monde, mais seulement certains au détriment d’autres. D’aucuns trouvent amusant de créer en ligne un « insultron.fr » au graphique suggestif, machine à générer automatiquement une injure aussitôt diffusable par un simple clic sur les boutons de partage des réseaux socionumériques.

    Le bannissement de la subtilité et du temps du raisonnement

    Le tempo des usages et la culture de la concision argumentative sont aussi un facteur explicatif. Les habitudes prises de publier des messages courts (quand ce n’est pas le dispositif qui l’impose) bannissent la subtilité du raisonnement au profit d’affirmations péremptoires et souvent offensives.

    Il peut en résulter aussi un relâchement lexical que la culture du texto et du mail ont introduit, gommant peu à peu les formules de politesse, les phrases rituelles d’entrée en interaction et de clôture, héritées de l’échange épistolaire, au profit d’un propos direct et épuré, allant droit à l’essentiel (logique d’efficacité face au flux des messages à gérer) mais rentrant aussi plus dans le vif du sujet, en considérant encombrant l’enrobage, superflu l’euphémisation, superfétatoire les marques de respect et de préservation de la face d’autrui.

    De même, le tempo effréné de ces plateformes nous soumet à la terrible tentation de l’hyperréactivité, de la réaction à chaud et émotionnelle au lieu de prendre le temps du recul et de la réponse à froid et mesurée. Et si cela est vrai des éructations d’énervement, cela est vrai aussi de l’injonction constante sur la toile à « être cool ». Cela implique un relâchement assumé et accepté des émotions, une spontanéité affective, valorisés comme gage de sincérité, mais qui ne poussent pas à l’autocontrôle.

    On touche ici du doigt les perversions du « capitalisme pulsionnel » cher à la pensée du philosophe Bernard Stiegler dont Facebook est devenu le meilleur symbole. L’appel à publier, à commenter, à « liker » en appuyant sur un simple bouton (et même à exprimer d’autres sentiments en choisissant entre six emojis apparues fin 2015, appelées des « réactions »), sont des appels à libérer son énergie libidinale au profit de réactions spontanées et affectives, tout en les partageant avec autrui.

    En échange de quoi nous offrons les données concernant nos goûts et dégoûts, nos amis, afin de recevoir la publicité et les contenus les mieux ciblés, ceux les plus proches de nos désirs…

    Une somme explosive de ressentiments

    Pour conclure, cédons la parole à François Cusset (p. 149-150), remettant le « déchaînement du monde » en lien avec le (triste) sort du « sujet moderne » : « Pris dans un flux de signes, dans des luttes économiques pour la survie ou pour la distinction, vivant sur les réseaux “sociaux” dans l’informalité complète, l’attention intermittente, le décompte des copains, la désillusion ironique, il s’étonne de sentir monter en lui, par épisodes, l’inconvenance ou la bizarrerie, et de voir la distance civile céder toujours plus de terrain à l’affolement relationnel généralisé, à mesure que la paupérisation guette...
    "La croyance obligée dans le “bonheur” comme valeur unique ou but accessible, est devenue sa névrose, et compte tenu du mensonge qu’elle charrie, la source d’un ressentiment explosif. […] Tout cela, sans aucun doute, dessine un circuit neuf de la violence, un nouveau rapport du désir à la frustration, du signe à l’affect, de la répression au transfert. Toute une énergétique nouvelle »."

    La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.
    https://www.nouvelobs.com/tech/20180...te-social.html

  2. Les 2 membres suivants remercient Giromu pour cet excellent message :

    Abdul (25/04/2018), darkkoeurby (25/04/2018)

  3. #22
    Illegal Lolistep Vampireslayer Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Abdul Eternal Champion Avatar de Abdul
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    J'mets cet article ici je trouve qu'on peut imputer énormement de chose à "l'impunité communautaire" dont ce genre de choses : http://abonnes.lemonde.fr/pixels/art...8_4408996.html
    (le lien est "abdonné" mais l'article est publique vous pouvez le lire ! enfin j'espère)

    Edit : franchement c'est un article puissant que tu as posté là
    Dernière modification par Abdul ; 25/04/2018 à 20h56.
    Necrobestial Sadobreaks

  4. Les membres suivants ont remercié Abdul pour cet excellent message :

    Giromu (26/04/2018)

  5. #23
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    Les pauvres flics chargés d'interroger ce type, vous imaginez?
    "Alors t'as buté des innocents parce que...tu trouvais pas chaussure à ton pied??? T'es sérieux?"

  6. #24
    vampigeek-garou polygonal Godslayer florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever florentp83! Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Avatar de florentp83!
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    serieux je suis sur /b/ un certain temps et j'en ai jamais entendu parler de ce groupe alakon O_o

    et puis, pour ce genre de gens dont je ferais partit, pour quoi les femmes c'est pas si simple j'ai facilement diagnostiqué le truc et compris.

    le truc du alpha/beta, si je fait une analogie alakon aussi , c'est comme si tu demande un plombier ( par exemple ) , et t'a un gars qui est pas trop sur , qui hesite , il fait deux/trois geste maladroit mais qui pense être fait pour le job ..... faut faire un certain effort pour l'accepter et lui redemander de revenir plus tard ... ><"
    au final ces mec extrémiste ont quand même un grand manque de recul.

    apres je développerais pas non plus ici mais avec ma situation géographique , je vois des extrêmes, dont, par exemple beaucoup trop de femme sont carrément vénal, qui n'ont pour objectif que de faire un gosse a un gars qui a un minimum de pognon. baucoup de femme qui ne parle pas a un gars qui a pas une prestance suffisante. elle se la pètent beaucoup plus. savent que si elles ont peut de chance c'est jackpot.
    donc mon avis est biaisé par ce que j’entends et vois dans mon quotidien. mais je sait que ça represente pas les femmes ou autre en general. et au final je vais plus etre triste pour ces filles. je peut pas compter sur les doigts d'une mains les filles dont je connais l’existence qui n'ont presque jamais bossé, qui ont trouvé un gars ont fait un gosse et/ou l'ont mariée et maintenant ne vivent que via la pension alimentaire et les aides de l’état, la moitiée de la richesse via un divorce. certain on presque fait faillite de leurs société.

    bon j'arrete je suis partit dans un autre délire .... mais ici il y a largement de quoi avoir la haine des femme quand tu côtoie leurs hommes
    ne pas juger un homme d un simple regard apprend a le connaitre il deviendra ton ami(e), après il restera toujours des cons ...

    /!\ Les loli ont un truc en plus dans leurs truc en moins. /!\

  7. #25
    Iron Maiden Vampireslayer Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Omage Overlord Avatar de Omage
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    Vraiment ça devient intéressant comme cas, et je pense qu'il serait fort utile de mener une véritable étude sur ces communautés.

    Abdul, si le sujet t'intéresse, en dehors des nice guys et du circle jerk, check le manga La Virginité Après 30 Ans.

    Et si je parle de mener une étude, c'est parce que les événements qui mènent ces groupes de puceaux tardifs à se former en communauté et délirer, ça donne lieu à des psychoses très importantes qui a un impact de plus en plus ample sur les populations des pays normalement civilisés.

    J'ai bien l'impression qu'il y a un potentiel danger, déjà, dans le fait de laisser de trop jeunes populations en contact avec les technologies du virtuel (internet ou les médias): car ça leur coupe le développement de leur capacité à interagir socialement, et notamment avec les femmes: en soi ça les pousse à se reclure et à stagner. Puis c'est fou de voir combien l'absence d’interaction avec une femme peut faire à un homme: leur frustration les poussent à développer des psychoses, mais surtout, ça en fait des être incroyablement faibles mentalement et physiquement.

    Parce que faut pas croire, le mix de l'excès virtuel (porno, médias enfantins, internet) et du manque de contact social, ça donne en général lieu à deux symptômes:

    1/ Une maladresse / awkwardise dans les rapports sociaux : c'est simple, ils ne savent plus comment, face à face, interagir, et donc ils perdent à l'age adulte les codes qu'on développe quand on s'adresse à une femme.

    2/ Physiquement c'est souvent la loose: ou c'est des crevettes maigres, ou des gros, avec des problèmes d'hygiènes. Mais étrangement ils ne se doutent pas que l'apparence repoussante de leur aspect superficiel puisse en partie causer leur malheur auprès des femmes!

    Je grossis le trait, mais c'est des caractéristiques communes aux Puceaux Tardifs ça.

    ...

    Ca fait des années que ces groupes, dont Abdul nomme l'effet de frustration en groupe "Circle Jerk", existent. Une ex à moi était souvent sur le site Reddit, et il y a des centaines de sujets/topics ouvert de ces puceaux tardifs, qui sont effrayant et pathétique à lire.

    Ils font des pavés d'écrits dans lesquels ils postulent qu'ils devraient avoir la légitimité d'obliger les femmes à coucher avec eux. Ils avancent un nombre énorme d'arguments (bidons). Très similaire par exemple comme le mouvement Black Lives Matter: sous couvert que les femmes sont des putes (qui choisissent d'être des putes dans leur grande majorité) et qu'elles leur font du mal, elles leur DOIVENT quelque chose. Etant donné qu'ils sont imbu d'eux même, avec des égos surdimensionnés (et l'effet circle jerk, vu qu'ils s'auto plusoient) ça ne vient pas à leur esprit de se dire que c'est eux le problème. Non, la source de leur frustration est CAUSE par les femmes, et par conséquent elles doivent payer pour le malheur qu'elles leur inflige.
    Dernière modification par Omage ; 26/04/2018 à 10h03.

  8. Les 2 membres suivants remercient Omage pour cet excellent message :

    Giromu (26/04/2018), sisou (29/04/2018)

  9. #26
    [MOD] Futaba fan forever Supreme Overlord Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Avatar de Giromu
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    Oui, j'ai moi aussi immédiatement pensé au manga "La virginité après 30 ans" en entendant cette news. Pas mal des profils décrits dans ce manga pourraient passer à l'acte s'ils n'étaient pas dans une société aussi pacifiée que le Japon. Certains le font de temps en temps, occasionnant de rares mais tragiques faits divers dont on parle même sous nos latitudes.
    Cette incapacité qu'ils ont à se remettre en cause est en tout cas leur plus grande faille dans leurs rapports aux femmes et à autrui en général.

  10. Les membres suivants ont remercié Giromu pour cet excellent message :

    Omage (26/04/2018)

  11. #27
    Fan de Giromu-sama Overlord Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Corran Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Avatar de Corran
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    Je me rappelle d'une anecdote de Ju qui disait qu'un ami à elle lui a un jour déclaré qu'il l'aimait (jusque là rien d'anormal), elle l'a gentiment éconduit et là le type lui dit "ouais mais j'ai toujours été là pour toi, tu pourrais au moins coucher avec moi" =D

    Les mecs qui pensent que les femmes doivent coucher avec eux, c'est pas l'apanage des ado de 30 ans. Lisez la Bible et le Coran, c'est déjà dit dedans, la femme est à l'homme et doit le satisfaire, c'est son devoir.

    C'est un phantasme masculin ultra répandu d'avoir l'accès total au vagin des femmes.

    Regardez le nombre d'anime harem qui existent... L'homme rêve d'avoir des femmes à ses pieds, ou tout au moins à sa portée.

    Le souci, c'est qu'ils n'ont aucune volonté et du coup pleurent comme des enfants sur ce qu'on ne leur donne pas.
    Dernière modification par Corran ; 26/04/2018 à 11h27.



  12. Les 2 membres suivants remercient Corran pour cet excellent message :

    Giromu (26/04/2018), Omage (29/04/2018)

  13. #28
    Moderateur Godslayer BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever BaXter Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Avatar de BaXter
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    Sans compter que les héros d'anime harem sont bien souvent méga fade. Sans doute pour faciliter l'identification du public avec son protagoniste principal (ou parce que l'auteur n'en a rien à foutre du héros, c'est juste un organisme dont le seul intérêt narratif est d'être constitué de yeux et de mains (mais pas de bite) pour être mis en contact avec des paires de nichons moe (mais pas de vagins))

    Alors que les femmes, elles veulent juste que les hommes couchent entre eux. Regardez le nombre d'animes/doujins de Boys Love (enfin... yaoi).
    Ces fameux circle jerk avec des mecs qui s'autobranlent virtuellement doivent être un véritable objet de fantasmes pour elles.O_o"

  14. Les 2 membres suivants remercient BaXter pour cet excellent message :

    Corran (26/04/2018), Giromu (26/04/2018)

  15. #29
    [MOD] Futaba fan forever Supreme Overlord Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Avatar de Giromu
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    Derrière le terme "Incel", il y a une femme : Alana. Et elle est dégoûtée

    Dans les années 1990, une femme crée une plateforme de soutien aux "célibataires involontaires". Le terme, dont s'est réclamé l'auteur présumé de l'attaque de Toronto, a été dévoyé depuis.

    "La rébellion des Incels a déjà commencé", pouvait-on lire peu de temps avant le drame sur le compte Facebook d'Alek Minassian, un étudiant en informatique de 25 ans, auteur présumé de l'attaque à la voiture-bélier de Toronto, qui a fait le 23 avril 10 morts et 14 blessés – majoritairement des femmes.

    Les "Incels", dont il se réfère, sont la contraction de "involuntary celibate", "célibataires involontaires" en français : des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu'à leur vouer une haine féroce.

    Cette communauté masculiniste s'est développée sur internet, via des forums comme Reddit ou 4Chan, et se retrouve sur Incels.me, site interdit aux femmes.

    "La rébellion des Incels a déjà commencé", pouvait-on lire peu de temps avant le drame sur le compte Facebook d'Alek Minassian, un étudiant en informatique de 25 ans, auteur présumé de l'attaque à la voiture-bélier de Toronto, qui a fait le 23 avril 10 morts et 14 blessés – majoritairement des femmes.

    Les "Incels", dont il se réfère, sont la contraction de "involuntary celibate", "célibataires involontaires" en français : des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu'à leur vouer une haine féroce.

    Cette communauté masculiniste s'est développée sur internet, via des forums comme Reddit ou 4Chan, et se retrouve sur Incels.me, site interdit aux femmes.

    Curieusement, le terme qui les rassemble a été inventé dans les années 1990 par une femme, Alana.

    La Canadienne, qui n'a pas voulu donner son nom de famille au "Guardian", s'y dit choquée par la tournure misogyne prise par ce qu'elle voulait initialement être un groupe d'entraide et de soutien pour personnes seules.

    Alana dit se sentir comme "le scientifique qui a découvert la fission nucléaire et découvre ensuite qu'elle est utilisée comme une arme de guerre".

    Plateforme d'entraide

    En 1993, la jeune femme, qui étudie les statistiques à l'université de Carleton, à Ottawa, n’a jamais eu de relation sexuelle, ni de petit ami.

    "Parfois, elle blâmait son apparence : courte, légèrement en surpoids, des plaques d'eczéma. Souvent, elle avait l'impression d'avoir traversé l'adolescence sans apprendre les règles tacites d'un jeu complexe que tous les autres comprenaient intuitivement", retrace "Elle", qui lui avait consacré un article en 2016.

    A l'âge de 24 ans, Alana, qui se considère bisexuelle, sort avec une femme – leur relation durera six mois. Pour décrire la phase de solitude qu'elle a traversée auparavant, la jeune femme cherche un terme nouveau pouvant la qualifier. Ce sera "célibataire involontaire".

    A la fin des années 1990, elle crée un site, "Alana's Involuntary Celibacy Project", qu'elle voulait comme une plateforme d'entraide ouverte à tous ceux dont la vie sexuelle a été marginalisée à cause de normes de genre trop rigides ou de difficultés relationnelles.

    "J'ai compris qu'il y avait beaucoup de gens qui étaient seuls et pas vraiment sûrs de savoir comment commencer à fréquenter quelqu'un", développe-t-elle dans le "Guardian".
    ""Ils manquaient en quelque sorte de capacités sociales et j'avais beaucoup de sympathie pour cela parce que j'avais vécu la même situation.""

    Alana veut créer une plateforme la plus inclusive possible, qui attire in fine un peu plus d'hommes que de femmes. Au quotidien britannique, elle détaille :
    ""Il y avait des gens qui n'avaient pas les codes sociaux, d'autres qui avaient besoin d'un peu d'éducation et d'autres qui pensaient que les femmes étaient des objets. [...]

    Ce n'était pas de la haine virulente, c'était juste de l'ignorance et de l'objectivation. Il n'y avait pas l'hostilité, la haine et la misogynie qu'il y a actuellement.""

    "Châtiment"

    Les années passent et Alana, qui vit à Toronto, est de plus en plus à l'aise socialement. Elle pratique le polyamour, fréquente des hommes et des femmes, lit les théories queers. Et finit, explique-t-elle, par céder son site à un inconnu...

    Début 2016, elle retrouve par hasard le mot qu'elle a inventé dans un article publié par le magazine américain "Mother Jones", au sujet d'Elliot Rodger, un homme qui a abattu (en 2014) six personnes sur un campus d'une université de Californie.

    Dans la vidéo qu'il a laissée avant de se suicider, l'homme explique qu'il s'agit d'un "châtiment" pour celles qui ont refusé ses avances, "comme si [il] était un sous-homme". Rodger, adulé aujourd'hui par une certaine frange sur internet, se décrivait comme un Incel.

    "Merde", se dit alors Alana quand elle lit la contraction du mot qu'elle connaît. "Oh non, pas encore", a-t-elle réagi dernièrement après l'attaque de Toronto.

    Les Incels sont devenus une communauté s'estimant victime de la révolution sexuelle et conspuant les "Chads" et "Stacys", des hommes ayant contrairement à eux du succès, et leurs partenaires féminines.

    Dans sa publication Facebook, Alek Minassian y fait référence, ainsi qu'à l'homme ayant abattu six personnes en Californie :
    ""Nous allons renverser tous les Chads et les Stacys ! Vive le Gentleman Suprême Elliot Rodger.""

    Au "Guardian", Alana souligne la différence entre la plateforme qu'elle a lancée et la communauté d'Incels, qui regroupe aussi des personnes seules :
    ""La différence est la quantité de haine et [...] le fait d'attaquer les femmes.""

    Mardi, Alek Minassian a été inculpé de meurtres avec préméditation.
    https://www.nouvelobs.com/rue89/notr...-degoutee.html

    Ironique, mine de rien, que ces misogynes frustrés se revendiquent d'un terme créée par une femme...
    J'ai changé le titre du topic pour qu'il reflète plus nos discussions actuelles.

    Dernière modification par Giromu ; 27/04/2018 à 16h25.

  16. Les 3 membres suivants remercient Giromu pour cet excellent message :

    BaXter (26/04/2018), darkkoeurby (27/04/2018), Omage (27/04/2018)

  17. #30
    [MOD] Futaba fan forever Supreme Overlord Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Giromu Most fuckin' badass in the entire multiverse ever Avatar de Giromu
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    « La misère sexuelle est une construction sociale, et elle fait des ravages »

    Un « célibataire involontaire » a foncé sur la foule et tué dix personnes à Toronto lundi. Pour les « Incels », le sexe est un dû. Cette conception transactionnelle du plaisir ne sort pas d’esprits malades ou perturbés, mais de notre culture, estime la chroniqueuse de « La Matinale du Monde », Maïa Mazaurette.

    Lundi 23 avril à Toronto (Canada), un jeune homme a foncé en voiture sur des passants. Il appartenait à la mouvance des Incels, ces « célibataires involontaires » mâles, victimes autoproclamées de la cruauté des femmes. Le crime de ces dernières ? Ne pas être sexuellement intéressées. Le châtiment ? Dix innocents fauchés, dont huit étaient des femmes : du grain à moudre pour les dinosaures estimant qu’il « suffit de dire non ».

    Le prix que notre société paie à la masculinité toxique s’alourdit, encore et encore, sans qu’on y réagisse autrement qu’avec fatalisme. Il y a mort d’homme, et ça n’est pas la première fois. En 2014 déjà, l’auteur du massacre de Santa Barbara (14 blessés, 7 morts dont le tueur) avait justifié sa folie meurtrière par l’incapacité à accéder au corps des femmes.

    Pour ces jeunes hommes, le sexe est un dû. Cette conception transactionnelle du plaisir ne sort pas d’esprits malades ou perturbés. Depuis la courtoisie médiévale jusqu’aux films romantiques comme Twilight, notre culture enfonce le clou : un homme gentil, qui montre patte blanche, qui ne se décourage pas, sera récompensé par des rapports sexuels avec une femme (tandis qu’un homme moins gentil, ne montrant pas patte blanche, obtiendra comme James Bond des rapports avec plusieurs femmes). Encore aujourd’hui, quantité de « recettes de séduction » promettent d’enseigner des plans d’action supposément infaillibles. Avec des conséquences désastreuses : si les hommes font tout bien mais qu’ils n’obtiennent pas de sexe, alors les femmes sont injustes, tout comme est injuste une société qui autorise les femmes à ne pas « rembourser » les hommes de leurs attentions.

    La pénétration est la seule rétribution attendue, la seule modalité du dialogue. Sans sexe, la vie est tellement indigne qu’on préfère la terminer en prison, ou entraîner des inconnus dans la mort. Là encore, les germes culturels sont solides. Notre modernité est obsédée par l’idée de « rater sa vie » : il faut s’épanouir, tout le temps, partout. Cet épanouissement ne se limite pas à la sexualité : une femme sans enfant rate sa féminité, une personne sobre rate la transcendance par l’alcool… ne parlons même pas des losers qui ratent la Rolex avant 50 ans ! La dignité humaine, garantissant au départ nos droits constitutionnels, est devenue un argument de vente tout-terrain : « Après une journée difficile au boulot, vous méritez une tarte tropézienne et un missionnaire avec bobonne. »

    Deux conceptions limitantes du plaisir charnel

    Admettons-le : nous tenons un double discours. Nous affirmons que le sexe n’est pas un droit… Mais nous répétons « en même temps » que chacun trouvera l’âme soeur, que tous les goûts sont dans la nature, et que l’absence de sexualité condamne le bien-être physique et mental. Les réfractaires se voient rappeler à l’ordre par leur entourage et les médias, à travers des quantités astronomiques de recommandations hygiéniques (le sexe favorise le sommeil, il soulage des tensions ; les jours impairs, il brûle les calories équivalentes à douze portions d’aligot et traverse la mer Rouge en multipliant les bitcoins)… Le message est identique pour les couples : les conjoints peu motivés voient leur légitimité et leur avenir commun contestés, au motif que, sans maintien du devoir conjugal, l’union se réduirait à un simple hologramme. On pourrait ainsi faire couple sans cohabiter, sans faire d’enfant ou sans compte joint, mais pas faire couple sans coucher.

    De telles conceptions dramatisent évidemment les enjeux…. au point qu’on soit en droit de demander quel besoin nous ressentons de marteler la norme sexuelle (de quelle mystérieuse inertie avons-nous peur exactement ? Imaginons-nous que, sans motivation sanitaire ou psychologique, nous ferions face à une épidémie de chasteté ?). La pression se fait d’autant plus contraignante que seuls les rapports avec pénétration comptent, tandis que les autres demeurent facultatifs (de simples « piments ») : il faut aller « jusqu’au bout ». Les caresses s’appellent « préliminaires » et non « plat de résistance ». La tendresse, les câlins, les formes d’intimité sans pénétration servent de simple accompagnement : celui ou celle qui s’en contenterait serait la victime d’une désastreuse arnaque (ou ferait preuve de mauvaise foi).

    Notre culture se coltine donc deux conceptions ultra-limitantes du plaisir charnel : 1) la sexualité est incontournable, 2) dans sa version légitime, elle exclut 99 % des possibilités érotiques. Cette sexualité authentique se fiche des massages, tolère vaguement les fellations, méprise les sextos, néglige les conversations enflammées, considère les attouchements comme de simples amuse-bouches. Elle renvoie les douches prises ensemble, les masturbations partagées, à du sexe incomplet.

    Des exclus qui n’en sont pas

    Les conséquences sont explosives. La réduction du champ de la sexualité « complète » empêche en effet ses bénéficiaires de considérer le verre comme à moitié plein (ou comme somptueusement rempli). Bien des hommes recevant une stimulation manuelle de leur conjointe se couchent frustrés, même quand ils ont connu un orgasme, même quand ces caresses étaient prodiguées avec attention et compétence. Il leur semble qu’il manque quelque chose. Dans notre optique occidentale, mieux vaut une pénétration expédiée en deux minutes plutôt qu’un jeu érotique époustouflant de deux heures.

    Plus nous adoptons une définition étroite du sexe, plus les frustrés sont nombreux. Et plus nous dramatisons les conséquences d’une privation de pénétration, plus nous retournons le couteau dans leur plaie. Cette commisération, volontiers moqueuse, transforme les petites détresses en problèmes littéralement vitaux. Quand elle ne massacre pas des innocents à Toronto, la logique du « vrai sexe » encourage tous les autres types d’abus. Un exemple typique : quand on affirme avec une sublime hauteur d’esprit que les violeurs sont des victimes de la misère sexuelle (sociologiquement c’est faux, mais on persiste à propager l’argument), il faut bien comprendre que cette misère sexuelle existe uniquement parce qu’on considère comme « sexe » un rapport interpersonnel. Le violeur peut se donner sa jouissance tout seul ! Même en étant exclu pour une raison ou une autre du champ de la séduction, il a toujours accès à des milliers d’autres formes d’interaction : rien ne l’empêche d’entamer une correspondance érotique renversante ou de s’inscrire sur des sites de webcam.

    Du coup, quand on parle de misère sexuelle, cette misère entraîne la responsabilité d’une autre personne. Laquelle doit être compatible, disponible, bienveillante et physiquement présente (dans le cas contraire, cette autre personne est partiellement responsable des viols, ou des actes de terrorisme – ces arguments, les femmes les entendent constamment : « Ah mais quand même, les hommes ont des besoins »). L’emploi du mot « misère » empire le problème : les miséreux ne sont-ils pas en droit de se rebeller contre leur condition ? Même chose pour la restriction du mot « sexe » à la pénétration : combien de temps allons-nous créer des exclus qui n’en sont pas ?

    Il ne s’agit nullement de modifier les noms de nos malheurs pour les faire disparaître : la misère sexuelle est une construction sociale, et elle fait des ravages. A Toronto comme à Paris, Marseille ou Epinay-sur-Orge, nous récoltons la colère que nous semons. Il est temps de se débarrasser de cette vision bornée de la sexualité. Si nous ne le faisons pas pour nous-mêmes, faisons-le pour éviter le prochain massacre.
    https://www.lemonde.fr/m-perso/artic...7_4497916.html

  18. Les 3 membres suivants remercient Giromu pour cet excellent message :

    Abdul (30/04/2018), darkkoeurby (30/04/2018), sisou (29/04/2018)

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