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Discussion: Topic de l'actualité politique

  1. #911
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    Si François de Rugy saute, Brune Poirson le remplace à 100%
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    Necrobestial Sadobreaks

  2. #912
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    "Le message que vous avez entré est trop court. Veuillez l'allonger à au moins 10 caractères." Quelle ironie xd

    ENQUÊTE

    Après les attaques meurtrières contre deux bars à chicha d’Hanau, près de Francfort, en février, le pays prend conscience de la menace terroriste d’extrême droite à l’Est comme à l’Ouest. Les autorités sont accusées d’avoir sous-estimé le phénomène, tandis que l’AfD contribue à banaliser la rhétorique xénophobe

    La jeune femme a jeté un froid dans la salle comme on jette un pavé de colère dans une mare de consensus. Jusqu’ici, l’hommage funèbre aux dix victimes de l’attentat de Hanau, commis le 19 février par un extrémiste de droite, se déroulait dans le calme et le recueillement. En ce 4 mars pluvieux et venteux, le maire de la commune, Claus Kaminsky, le ministre-président du Land (Etat-région) de Hesse, Volker Bouffier, et le président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, avaient pris la parole avec émotion au centre de conférences de la ville. Entre chaque officiel, un parent ou un proche d’une victime. La cérémonie était retransmise sur des écrans géants dans cette ville-dortoir située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Francfort. La chancelière Angela Merkel, présente au premier rang, n’avait pas dit un mot pour des raisons protocolaires. Elle avait dénoncé quelques jours auparavant le « poison du racisme ». Tous avaient répété que l’extrémisme ne vaincrait pas, que le pays appartient à tous, quelle que soit la couleur de peau ou la religion.

    Saida Hashemi s’est exprimée en dernier. Son frère, Said Nesar, a été abattu comme les autres, à bout portant. Tout de noir vêtue, la voix monocorde, de sages lunettes posées sur un visage rond, elle a asséné quelques vérités : « Mon cœur s’est brisé quand j’ai appris la mort de mon frère, cette nuit-là. Mais mon cœur se brise aussi chaque fois qu’on écorche mon nom, chaque fois qu’on me demande de quelle nationalité je suis, alors que je suis allemande. Mon cœur se brise chaque fois que je dois cacher mon nom pour obtenir un travail ou un logement. Mon cœur est brisé de savoir qu’un homme qui portait tant de haine en soi et la diffusait sur Internet pouvait vivre parmi nous, au milieu de cette ville, sans que personne ne s’en inquiète. » Ce fut le seul accroc d’une cérémonie conclue par l’allumage d’une bougie pour chacune des victimes.

    Au-delà du racisme ordinaire d’une société allemande réticente à regarder en face ses démons, Saida Hashemi a soulevé une question majeure : la menace posée par l’extrême droite radicale est-elle prise au sérieux dans ce pays ? Le passé récent ne plaide pas pour l’affirmative. Bilan des douze derniers mois : l’assassinat, le 2 juin 2019, du préfet de Cassel (Hesse), Walter Lübcke, proche d’Angela Merkel, dont il avait soutenu la politique d’accueil en faveur des réfugiés ; l’attentat de Halle (Saxe-Anhalt), le 9 octobre 2019 (une passante tuée devant la synagogue et un homme mitraillé dans un restaurant turc) ; la double attaque à l’arme à feu contre deux bars à chicha de Hanau, le 19 février (dix morts, dont la mère de l’auteur, lequel s’est ensuite suicidé) ; sans compter une multitude de crimes et délits de moindre envergure, meurtres racistes non élucidés, incendies de centres de demandeurs d’asile et de commerces ou domiciles appartenant à des immigrés, tags sur des synagogues, des mosquées et dans des cimetières…

    « En en faisant un problème spécifique à l’ex-RDA, on s’empêche de penser le phénomène à l’échelle de l’Allemagne » - Matthias Quent, Fondation Amadeu Antonio

    Sur les trois attentats majeurs de l’année écoulée, deux – ceux de Hanau et de Cassel – ont été commis en Hesse, un Land du centre, pas le plus riche du pays mais loin d’être le plus pauvre. La ville principale, Francfort, est au cœur de la finance européenne. Au nord, un tissu industriel ; au sud, des bourgs agricoles. La preuve qu’il ne faut pas s’en tenir au cliché selon lequel le radicalisme d’extrême droite serait un phénomène propre à l’ex-RDA, où l’économie est à la traîne et la démocratie encore jeune.

    « Qu’il y ait des différences entre l’Est et l’Ouest, sans doute. Mais cela ne doit pas faire oublier que les radicaux d’extrême droite sont aussi beaucoup moins nombreux au nord qu’au sud de l’Allemagne, ou encore qu’ils vivent presque tous dans des petites villes ou à la campagne, observe Matthias Quent, directeur de l’Institut pour la démocratie et la société civile de la Fondation Amadeu Antonio à Iena (Thuringe). En en faisant un problème spécifique à l’ex-RDA, on s’empêche de penser le phénomène à l’échelle de l’Allemagne, ce qui est rassurant mais totalement trompeur. »

    Deux foyers majeurs

    Y a-t-il quelque chose de pourri dans la Hesse ? Cette question, que la plupart de nos interlocuteurs officiels balaient d’un revers de la main, était pourtant le thème d’un article du très sérieux quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 1er mars. L’auteure, Livia Gerster, se demande si la multiplication des violences dans cette région n’est pas le fruit d’une longue tradition politique. Elle cite ainsi l’idéologue antisémite Otto Böckel, qui fit son entrée au Reichtstag en 1887.

    La scène d’extrême droite dans la Hesse compte deux foyers majeurs : au nord, autour de Cassel, et au sud, à Seligenstadt et Wetterau. Cassel est sur l’axe reliant la Ruhr et la Thuringe, deux places fortes des néonazis. Quant au sud du Land, il est composé de gros bourgs agricoles marqués par une culture politique ultraconservatrice, antisémite et très favorable au nazisme dans les années 1920 et 1930.

    A Hanau, la devanture du Midnight est recouverte de fleurs, de bougies et de mots écrits à la main. Il s’agit de l’un des deux bars à chicha attaqués par Tobias Rathjen, 43 ans, à l’arme automatique le 19 février. A côté des photos des victimes, plusieurs inscriptions accusatrices : « Meurtrier solitaire ? », peut-on lire près d’une série de petits bâtons barrés pour illustrer le déni des autorités qui persistent à y voir des incidents isolés. Et puis cette inscription, incompréhensible pour qui n’est pas de la région : « Le dossier de la NSU doit être ouvert au public ! »

    La NSU (Nationalsozialistischer Untergrund, Clandestinité nationale-socialiste) : le pire scandale policier de l’Allemagne du XXIe siècle. Entre 2000 et 2006, ce groupuscule de trois néonazis originaires de Zwickau (Saxe) a assassiné huit commerçants d’origine turque et un d’origine grecque à travers le pays. Il a également tué une policière, en 2007, braqué quinze banques et mené deux attentats à la bombe, à Cologne, en 2001 et 2004. Il n’a été démantelé qu’à la suite de l’explosion de l’appartement du groupe, en novembre 2011, dans laquelle les deux membres masculins sont morts. Leur partenaire, Beate Zschäpe, s’est rendue à la police : jugée à Munich avec quatre hommes accusés de complicité d’homicide et de soutien à une organisation terroriste, elle a été condamnée à la réclusion à perpétuité, le 11 juillet 2018. L’enquête a mis au jour d’innombrables complicités et destructions de preuves au sein des forces de l’ordre, notamment en Saxe et en Thuringe.

    Un dossier enterré

    Mais c’est en Hesse que l’incident le plus grave s’est produit. Le 6 avril 2006, Halit Yozgat, 21 ans, était assassiné de deux balles dans la tête dans son cybercafé de Cassel. Le lendemain, plusieurs immigrés de la ville manifestaient au cri de « Qu’attendez-vous pour agir ? » Aucun élu local, aucun représentant de l’Etat, de parti ou de syndicat n’était présent. L’enquête ultérieure a prouvé qu’un membre de l’Office fédéral de protection de la Constitution (Verfassungsschutz, BfV, le service de renseignement intérieur), Andreas Temme, était sur les lieux au moment du meurtre. Détenu vingt-quatre heures par la police, il a été relâché sans explication et jamais poursuivi. Juste muté. Le dossier a été enterré et le ministre-président de la Hesse en a interdit l’accès pour plusieurs décennies. Sollicités par Le Monde, l’Office de protection de la Constitution de la Hesse, le ministère de l’intérieur local et le bureau du ministre-président n’ont pas souhaité répondre.

    Ce silence sur l’épisode le plus troublant de la sanglante saga de la NSU a été interprété par les militants antifascistes au minimum comme un déni, au pire comme une volonté de dissimulation de la part des autorités. Le parti de gauche radicale Die Linke a même demandé la dissolution du Verfassungsschutz régional au Parlement de Hesse.

    L’institution, bien que restructurée et « épurée », ne s’est pas non plus montrée à son avantage dans l’affaire Walter Lübcke. Ce haut fonctionnaire conservateur, honni par l’extrême droite en raison de ses idées libérales sur les questions migratoires, était depuis 2009 le préfet de l’arrondissement de Cassel. Là même où travaille désormais le fameux Andreas Temme. Walter Lübcke a été retrouvé avec une balle dans la tête, le 2 juin 2019, sur le perron de sa villa, dans la banlieue de Cassel.

    Son assassinat, qui semblait être le fait de professionnels, a d’abord été attribué à un « mobile personnel » par des sources policières « en l’absence de menace particulière », malgré l’évidence. Deux semaines plus tard, Stephan Ernst était arrêté. Agé de 45 ans, ce militant néonazi aguerri a déjà été condamné à sept reprises entre 1993 et 2009, dont une fois pour avoir attaqué un centre de demandeurs d’asile avec une bombe artisanale, au début des années 1990. A partir de 2011, l’Office de protection de la Constitution avait abandonné toute surveillance en partant du principe qu’il était inactif.

    L’enquête a par la suite démontré que Stephan Ernst disposait d’un véritable arsenal, qu’il était membre d’un club de tir, qu’il continuait à poster des messages haineux sur YouTube et avait fait un don au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). On a également appris qu’il était en relation avec deux complices, dont l’un répertorié comme un membre actif de l’extrême droite, et qu’il était aussi suspecté d’avoir assassiné un demandeur d’asile irakien, poignardé dans le dos en janvier 2016. Une telle accumulation d’erreurs et de négligences laisse pantois. « C’est au point que les associations antifascistes avaient plus d’informations sur Ernst que l’Office de protection de la Constitution », s’exclame Benno Hafeneger, professeur de sciences de l’éducation et spécialiste de la jeunesse et de l’extrême droite.

    « La quatrième phase de radicalisation »

    Benno Hafeneger a dirigé le Centre pour la démocratie de Marburg, spécialisé dans l’observation des phénomènes politiques radicaux. « Nos études montrent qu’un quart de la population allemande a une affiliation politique populiste de droite. C’est l’humus dont se nourrit la scène violente d’extrême droite », explique-t-il, en rappelant que celle-ci est loin d’être une nouveauté dans l’histoire de la RFA depuis 1949.

    « Nous en sommes à la quatrième phase de radicalisation d’extrême droite, dit-il. La première a vu, dans les années 1950, la reconstitution des réseaux des anciens des Jeunesses hitlériennes. La deuxième débute au milieu des années 1960 avec l’entrée du Parti national-démocrate [NPD, néonazi] dans les assemblées de sept Länder (7,9 % en Hesse en 1966, 9,8 % dans le Bade-Wurtemberg voisin, en 196, mais pas au Bundestag [Parlement fédéral], où il échoue. Dans les années 1970, on observe la constitution de petits groupes d’activistes enfants de l’après-guerre, le pendant des groupuscules violents d’extrême gauche. La dernière phase, dont nous connaissons aujourd’hui le paroxysme, a débuté juste après la chute du Mur en 1989. »

    Au lendemain de la réunification du pays, en 1990, de nombreux groupuscules néonazis ont essaimé en ex-Allemagne de l’Est. Ce phénomène s’est traduit par une brusque hausse des incidents racistes au début des années 1990, notamment dans la région de Rostock (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale), près de la mer Baltique, avec plusieurs attaques de logements et de commerces de travailleurs étrangers en ex-RDA, mais aussi à l’Ouest avec l’incendie meurtrier (six morts, dont cinq enfants) d’un foyer d’immigrés à Solingen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), le 29 mai 1993.

    « Nouvelles sociabilités »

    Stephan Ernst, le meurtrier présumé de Walter Lübcke, appartient à cette génération qui s’est structurée dans des « camaraderies » (Kameradschaft), des groupuscules violents autonomes. Aujourd’hui, de telles structures de politisation existent toujours, mais elles ne sont plus les seules. « La nouveauté, c’est qu’Internet sert souvent de plate-forme de rencontre à ces groupes, précise Reiner Becker, directeur du Centre pour la démocratie de Marburg. De nouvelles sociabilités ont émergé, dans les clubs de sport, sur le Web, et cela rend le travail de renseignement plus difficile. »

    Exemple typique : le « Groupe S », cette cellule démantelée le 14 février, alors qu’elle se préparait à attaquer des mosquées pendant des heures de prière et à commettre des attentats contre des dirigeants politiques, dont le coprésident des Verts, Robert Habeck. Liés pour la plupart à différents groupuscules d’extrême droite, les douze membres qui ont été arrêtés, originaires de six Länder différents, s’étaient connus quelques mois plus tôt sur un groupe de discussion avant de se rencontrer physiquement. D’abord virtuelle, cette forme de sociabilité permet aux cellules de s’affranchir des logiques territoriales classiques, ce qui constitue un défi dans un Etat fédéral comme l’Allemagne, où la communication entre les services de police et de renseignement d’un Land à un autre est souvent difficile.

    Propulsé par le mouvement anti-islam Pegida lancé en 2014, l’AfD est monté en puissance avec l’arrivée massive de migrants auxquels Angela Merkel a ouvert les portes

    Un autre point distingue la période actuelle des précédentes : l’existence, avec l’AfD, d’un parti capable de réaliser des scores auxquels ni le parti néonazi NPD ni les Republikaner – une formation ayant connu de petits succès électoraux dans les années 1980 en Bavière – n’étaient jamais parvenus. Propulsé par le mouvement anti-islam Pegida lancé à Dresde en 2014, l’AfD est monté en puissance en 2015 avec l’arrivée massive de migrants auxquels Angela Merkel a laissé les portes du pays ouvertes. Depuis, les portes ont été refermées, mais rien n’a calmé la colère nationaliste.

    C’est aussi à ce moment-là qu’une nette recrudescence des violences a été observée. Le 17 octobre 2015, Henriette Reker, aujourd’hui maire de Cologne, est gravement blessée dans une attaque au couteau par un militant d’extrême droite. Deux ans plus tard, le maire de la petite ville d’Altena, toujours en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est agressé de la même manière alors qu’il achetait un kebab.

    Pendant ce temps, les attaques de foyers de migrants et de demandeurs d’asile se multiplient, à l’Est comme à l’Ouest. En août 2018, à Chemnitz (Saxe), des activistes d’extrême droite se livrent à une véritable chasse à l’homme en ville en représailles à l’assassinat d’un Allemand par des migrants.

    A Chemnitz, trois mois après les manifestations d’extrême droite, « une prise de conscience »
    C’est à cette occasion que Hans-Georg Maassen, le président de l’Office fédéral de protection de la Constitution, crée le scandale en mettant en doute la réalité de ces chasses à l’homme, n’hésitant pas, sur ce point, à contredire Angela Merkel en personne. Critiqué de toutes parts, y compris au sein de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière, dont il est membre, il se défend en s’estimant victime d’une « conspiration d’extrême gauche ».

    Mis à la retraite anticipée quelques semaines plus tard, Maassen a, depuis, rejoint l’Union des valeurs, un collectif ultraconservateur fondé en 2017 au sein de la CDU, dont les membres envisagent des coopérations avec l’AfD, au moins au niveau local, en rupture totale avec la ligne de non-coopération absolue avec l’extrême droite, défendue par Mme Merkel.

    Maassen incarne une frange importante du parti conservateur pour laquelle la violence d’extrême droite est la faute des gouvernements de grande coalition, coupables selon eux d’avoir fait de la CDU un parti de centre-droit, voire de centre-gauche, au risque de brouiller les lignes de clivage politique. Très présente dans les rouages de l’Etat, cette technostructure ultraconservatrice a tendance à minimiser les crimes d’extrême droite.

    « Maassen a été nommé en 2012 à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution pour remplacer Heinz Fromm, qui était là depuis 2000 et n’avait absolument pas fait la lumière sur les crimes de la NSU. On aurait pu croire que son arrivée allait changer les choses de ce côté-là. Ça n’a pas du tout été le cas », explique Hajo Funke, professeur émérite à l’université libre de Berlin et grand spécialiste de la droite radicale. Selon lui, cette « sous-estimation durable et profonde » de la menace au cours des années 2000 et 2010 a permis à de nouveaux groupuscules de se créer, surtout depuis la crise des réfugiés de 2015. Des individus sans passé militant en ont également profité pour se radicaliser et passer à l’acte en solo.

    Marginaux ou loups solitaires

    En examinant la liste des derniers attentats majeurs, le professeur Benno Hafeneger distingue ainsi deux profils bien distincts de terroristes : « Vous avez ceux qui sont socialement peu insérés, pas diplômés, vivant dans la marge et souvent issus de familles défaillantes. Ils trouvent dans le compagnonnage radical une seconde famille et une identité : leur socialisation se fait sur le mode d’une radicalisation croissante, comme Stephan Ernst. Et puis, vous avez les “loups solitaires” comme les tueurs de Hanau et de Halle. Ils ont fait des études et travaillent. Malgré leur insertion sociale, ce sont des individus très isolés et autocentrés, qui mûrissent leur acte en secret. Ils souffrent fréquemment d’une pathologie mentale ou de fragilités psychologiques. Ceux-là sont indétectables, à moins d’exercer une surveillance massive et intrusive. »

    Pour les autorités, il s’agit là d’un défi majeur. Ainsi, le travail de l’Office de protection de la Constitution, totalement séparé de celui de la police pour éviter les dérives de l’ère nazie, se limite souvent à la surveillance des organisations d’extrême droite dûment répertoriées et de leurs manifestations publiques, comme les concerts, dans un pays qui compte la scène rock identitaire la plus importante d’Europe. « C’est un phénomène très important, note Benno Hafeneger. C’est là que se nouent les amitiés, les amours, toute une connexion émotionnelle qui lie les jeunes gens bien plus fortement que des idées. » Ces concerts peuvent rassembler jusqu’à 3 000 participants et se tiennent souvent dans des propriétés privées, de grandes fermes de l’est de l’Allemagne, pour échapper à la surveillance.

    Quant aux « loups solitaires », un fait notable est leur proximité avec la sphère des « incels », ces célibataires involontaires qui ont théorisé leurs échecs amoureux en en rejetant la faute sur le féminisme. Partie des Etats-Unis, cette mouvance misogyne, incarnée par le jeune meurtrier de masse Elliot Rodger (six morts en Californie, en 2014), a beaucoup essaimé sur les forums de jeux vidéo. Selon Nils Böckler, chercheur en psycho-criminologie à l’Institut de psychologie de Darmstadt, Tobias Rathjen, le tueur de Hanau, se rattache à cette catégorie : « Dans son manifeste, il a consacré tout un chapitre à sa haine des femmes. Le terroriste de Halle, Stephan Balliet, souffrait aussi d’une inhabilité avec les femmes. L’extrême droite donne à ces individus qui ont un problème avec leur identité masculine un cadre idéologique, une vision du monde mêlant le grand remplacement et l’antiféminisme. Elle leur donne aussi l’occasion de se racheter une masculinité “active” à travers l’action radicale. »

    Le concept de « résistance sans chef »

    Un autre point commun caractérise l’actuelle génération : une assimilation accélérée du concept de « résistance sans chef » mis au point par les idéologues suprémacistes américains des années 1990. C’est le cas des terroristes de Halle et de Hanau, qui se sont inspirés d’Anders Behring Breivik, le Norvégien responsable de 77 morts en juillet 2011 sur l’île d’Utoya, et de Brenton Tarrant, le tueur de Christchurch, en Nouvelle-Zélande (51 morts dans deux mosquées, en mars 2019) : le premier en publiant un manifeste, comme Breivik, le second en cherchant à filmer en direct son attentat, à l’instar de Tarrant.

    « C’est une mécanique infernale, relève Benno Hafeneger. Ces attentats accélèrent l’avènement de la guerre civile appelée de ses vœux par l’extrême droite radicale, notamment sa frange “accélérationniste”. Parallèlement, l’extrême droite intellectuelle et politique se présente comme le dernier rempart contre la guerre civile. » Après chaque attaque, l’AfD réagit en effet en niant avec véhémence toute responsabilité, tout en se présentant comme la solution au problème et non pas comme sa source.

    Erika Steinbach est une figure connue de la bonne société francfortoise. Quand elle donne rendez-vous, c’est au très guindé Café Siesmayer, avec vue sur la palmeraie, le Jardin des plantes local. Tailleur rose et permanente blonde, elle y est accueillie avec déférence. Agée de 76 ans, elle était jusqu’à il y a peu un pilier de la CDU locale. Elle a été députée du parti d’Angela Merkel sans discontinuer de 1990 à 2013. Mais en 2015, c’est la rupture. Elle désapprouve la politique migratoire de la chancelière et quitte la CDU deux ans plus tard, « car la direction ne respecte plus les valeurs fondamentales du parti ». Depuis, elle dirige la fondation Desiderius-Erasmus, proche de l’AfD, sans avoir elle-même adhéré au parti d’extrême droite.

    Mme Steinbach connaît très bien Alexander Gauland, le président d’honneur de l’AfD, auteur d’essais sur la pensée conservatrice et réputé pour avoir notamment déclaré, que « Hitler et les nazis ne sont qu’une fiente d’oiseau » – autrement dit un point de détail – « à l’échelle de plus de mille ans d’histoire glorieuse » de l’Allemagne. « Il a milité pendant des années au sein de la CDU de la Hesse, lui aussi », rappelle Erika Steinbach.

    Discours victimaire

    Sur l’attentat de Hanau, où elle est d’ailleurs née, elle n’a rien à dire, ou presque : « C’est un acte isolé. Que voulez-vous ? Il est clair que l’auteur souffrait de troubles mentaux. Mais je m’étonne que personne ne mentionne le fait que son père a milité chez les Verts. On préfère pointer du doigt l’AfD qui n’a rien à voir avec ça. Quand il y avait un terrorisme d’extrême gauche, on ne jetait pas l’opprobre sur les partis de gauche. Plus de la moitié des agressions d’hommes et femmes politiques visent des responsables de l’AfD. » Des militants antifascistes ont bombé à la peinture à deux reprises la façade de son local, se plaint-elle. Elle tient aussi à souligner que l’AfD accueille des juifs et qu’elle a personnellement « toujours soutenu Israël ». Enfin, l’adhésion d’anciens membres du NPD, souligne-t-elle, est interdite par l’AfD.

    Ce discours victimaire met hors de lui le professeur Hajo Funke, pour lequel l’AfD, loin d’être le respectable refuge d’un conservatisme pur et dur qui aurait déserté la CDU, est au contraire un aiguillon pour l’extrême droite la plus radicale. Dans un article publié dans l’hebdomadaire Die Zeit, en octobre 2019, le chercheur a ainsi montré en quoi l’essai doctrinal de Björn Höcke, chef de l’AfD en Thuringe, intitulé Nie zweimal in denselben Fluss (« Jamais deux fois dans la même eau », Manuscriptum, 2018, non traduit) pouvait se lire comme un véritable « appel à la guerre civile ».

    Dans ce texte, le leader de l’aile radicale de l’AfD défend notamment l’idée d’un « projet de remigration » dont l’objectif est de délivrer l’Allemagne de ses éléments « culturellement étrangers ». Un projet qui, pour être mené à bien, devra passer par « une politique de violence bien tempérée ». « Les crises existentielles exigent des actes hors du commun », écrit Höcke, qui n’hésite pas à prédire une « saignée » purificatrice afin de « donner un coup de balai dans la porcherie ».

    En Thuringe, où l’AfD de ce même Höcke a obtenu près de 25 % des voix aux élections régionales d’octobre 2019, et où une partie de la CDU a, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, mêlé ses voix à celle de l’extrême droite pour tenter d’empêcher l’élection d’un ministre-président de gauche à la tête du Land, cette évolution a de quoi inquiéter.

    Depuis son bureau d’Iena, Matthias Quent, directeur de l’Institut pour la démocratie et la société civile de la Fondation Amadeu Antonio, n’hésite pas à le dire : « L’AfD est clairement un danger pour la démocratie, pas seulement parce qu’elle en bafoue les valeurs fondamentales, mais aussi parce que son discours peut être entendu comme une légitimation de la violence ».

    Certains dirigeants du parti s’en défendent d’ailleurs à peine. A l’instar de Rainer Rahn, tête de liste de l’AfD aux régionales de 2018 dans la Hesse. « Les bars à chicha sont des lieux qui dérangent beaucoup de gens, moi, particulièrement. Quand quelqu’un se sent constamment dérangé par un établissement, ça peut d’une certaine façon contribuer à de tels actes », déclarait-il au lendemain des fusillades de Hanau.

    Proférée par des élus dont le parti constitue, depuis 2017, la première force d’opposition au Bundestag avec 91 députés, cette rhétorique prospère sur Internet. Erika Steinbach a ainsi été vivement mise en cause pour avoir participé à l’hallali contre le préfet Walter Lübcke sur les réseaux sociaux, en retweetant une vidéo prise lors d’une houleuse réunion publique en 2015, où il invitait avec maladresse ceux qui n’étaient pas d’accord avec l’accueil des réfugiés « à quitter le pays ». « Je n’ai fait que relayer ses propres propos », se défend Mme Steinbach.

    Achtsegel (« Huit Voiles ») est une petite ONG basée à Francfort spécialisée dans la lutte contre l’extrémisme de droite sur Internet. Fabian Jellonnek et Pit Reinesch, deux anciens étudiants en science politique récemment diplômés de l’université de Marburg, en sont les permanents. « La scène est beaucoup plus difficile à cerner sur Internet même s’il y a des groupes constitués comme les “gamers” de Reconquista Germanica (30 000 membres), très actifs en période électorale, concède Fabian Jellonnek. Une chose est évidente : la haine en ligne a explosé en 2015. Depuis, on observe une radicalisation croissante des messages. C’est dû à la déception, au fait que la révolution annoncée par ceux qui espéraient un soulèvement du peuple contre le choix de Merkel ne s’est pas produite. L’arrêt des arrivées de migrants depuis 2016 n’a pas fait cesser ce phénomène. »

    Dans leur dernier rapport, ils ont comptabilisé 540 actes d’extrême droite (de l’assassinat au taggage d’un commerce ou d’un foyer de demandeurs d’asile en passant par la profanation de cimetière) en Hesse pour l’année 2019.

    « Un déni terrible »

    Depuis leur poste d’observation, les deux jeunes gens voient passer toutes les tentatives de l’extrême droite de mettre le feu au pays. Comme les diatribes du youtubeur Henryk Stöckl contre « l’invasion musulmane » de l’Allemagne et du monde entier. « Le problème, reprend Pit Reinesch, est que la majorité de la société, y compris la classe politique, refuse de reconnaître un dysfonctionnement systémique. Tant que l’AfD n’est pas au pouvoir, tout cela relève d’une minorité. Il y a un déni terrible. Les attaques des années 1990 étaient mises sur le compte de la délinquance juvénile. On a pensé qu’en grandissant et en se mariant ces jeunes gens s’assagiraient. On a vu ce qu’il en a été avec l’assassin de Lübcke. »

    Depuis, les autorités de la Hesse ont décidé que les écoliers devraient suivre un cours d’éducation civique aux médias et à Internet. « Les réponses sont trop lentes et timides, renchérit Fabian Jellonnek. Il a fallu des années de procédure pour faire interdire Combat 18, un groupe radical d’extrême droite actif depuis le début des années 2000 et décrété illégal en janvier 2020 seulement. »

    La législation destinée à éviter les abus de la période nazie, où syndicats et partis d’opposition avaient été interdits en six mois, est mise à profit, près d’un siècle plus tard, par l’extrême droite. Ainsi, le NPD continue d’exister malgré des années de « mise sous surveillance ». Quant à L’Aile, le courant de l’ultraradical Björn Höcke, ce n’est qu’en mars de cette année qu’il a subi le même sort.

    La confiance dans la volonté des autorités de s’attaquer vraiment au phénomène est fortement écornée

    Une classification qui, en pratique, ne change pas grand-chose : dès l’annonce de la « mise sous surveillance » du courant de Höcke, la direction nationale de l’AfD en a certes exigé la dissolution par souci de ne pas voir l’ensemble du parti soumis au même traitement. Mais les membres plus « modérés » de l’AfD savent aussi qu’ils n’ont pas intérêt à provoquer une rupture avec l’homme qui contrôle la plupart des fédérations de l’est du pays, celles où l’AfD obtient ses plus gros scores, souvent bien au-delà de 20 %…

    Après des années d’aveuglement ou de sous-estimation de la menace, la confiance dans la volonté des autorités de s’attaquer vraiment au phénomène est fortement écornée. La structure fédérale du pays, destinée à empêcher toute centralisation excessive du pouvoir, est aussi vue comme un handicap. Les offices régionaux de protection de la Constitution peinent à communiquer entre deux et à se coordonner avec l’échelon fédéral. Même problème entre les polices régionales et fédérale. Cette dispersion des moyens ralentit les enquêtes. Ainsi, les deux militants de l’ONG Achtsegel refusent d’avoir affaire au Verfassungsschutz de la Hesse, tant le manque de confiance est grand depuis l’affaire Andreas Temme. « C’est une institution qui a été infiltrée par des anciens de la Gestapo à ses débuts, fait remarquer Fabian Jellonnek. Et par la suite, elle a été obsédée par la lutte anticommuniste et contre l’extrême gauche. En revanche, il nous arrive d’échanger avec des policiers dignes de confiance. »

    Mais c’est loin d’être le cas de tous. Fin 2018, un autre scandale a ébranlé la Hesse : un groupe de policiers est accusé d’avoir échangé des propos racistes et des symboles nazis sur le réseau WhatsApp. Plus grave, des menaces de mort par courriers anonymes sont parvenues à l’avocate d’origine turque Seda Basay-Yildiz, qui avait défendu les parties civiles dans le procès de la NSU. Certains de ces messages signés « NSU 2.0 » faisaient mention du nom et de l’adresse de ses parents ou de sa fille. Des journalistes, des activistes antifascistes et des politiciens ont aussi été visés. Les enquêteurs soupçonnent des complicités policières, au moins dans la transmission de renseignements personnels.

    « La police allemande compte 250 000 membres, évidemment qu’elle n’est pas immunisée, admet Oliver von Dobrowolski, président des Policiers Verts, une association de membres des forces de l’ordre affiliés au parti écologiste. Les violences du début des années 1990 n’ont pas été combattues avec la force nécessaire. Cela s’est amélioré par la suite. Mais ces dernières années, la menace djihadiste a accaparé les esprits et les efforts, et l’extrême droite est passée au second plan. »

    Policiers radicalisés

    Dans la Hesse, une quarantaine de cas de dérives d’extrême droite ont été signalés dans la police, selon les statistiques des Policiers Verts. « Ce sont souvent des policiers aigris qui voient quotidiennement le pire de la société et finissent par se radicaliser, tente d’expliquer Oliver von Dobrowolski. Mais il n’y a pas que la Hesse. Dans le Bade-Wurtemberg, une cellule du Ku Klux Klan a été mise au jour. Je pourrais aussi citer le Schleswig-Holstein, la Rhénanie du Nord-Westphalie, etc. Pour combattre cela, il faudrait plus de diversité dans la police et plus d’enquêtes internes. »

    A l’échelle nationale, le professeur Benno Hafeneger évalue à 12 000 ou 13 000 le nombre d’activistes d’extrême droite susceptibles de commettre un acte de violence, dont 1 200 en Hesse. « Ils étaient la moitié il y a cinq ans », note-t-il. Ces chiffres correspondent grosso modo à ceux donnés par l’Office fédéral de protection de la Constitution dans son dernier rapport annuel, publié en septembre 2019. Pour prendre la mesure de l’ampleur du problème, il suffit de savoir que c’est autant que le nombre de « fichés S » en France pour radicalisme islamiste.

    Il faut, en outre, y ajouter 19 500 Reichsbürger – une particularité allemande : des citoyens refusant les lois de l’actuelle République fédérale, qu’ils soient nostalgiques de l’empire de Guillaume II (au pouvoir de 1888 à 191 ou du IIIe Reich nazi. Une partie d’entre eux sont considérés comme potentiellement violents. Un de leurs membres a tué un policier en Bavière en 2016. La police a effectué une vaste perquisition (10 Länder sur 16) dans la nébuleuse des Reichsbürger le 19 mars, saisissant des armes et de la propagande nazie.


    Pour Uli Jentsch, porte-parole d’Apabiz, une ONG de Berlin qui archive la propagande d’extrême droite, ces données sont sous-évaluées : « Si vous ajoutez 30 %, vous approcherez peut-être de la réalité. Mais les chiffres ne sont pas le plus important. Le plus grave, c’est l’infiltration des services de l’Etat par des militants de l’extrême droite. »

    Des évolutions encourageantes

    Uli Jentsch évoque le cas de Franco A., un officier du bataillon franco-allemand originaire d’Offenbach… dans la Hesse, qui s’était enregistré sous une fausse identité comme réfugié afin de commettre un attentat. Muté, il est toujours en liberté. D’après une enquête du quotidien Tageszeitung, il était en contact régulier avec un certain Andre S., surnommé « Hannibal », un soldat des forces spéciales à la tête d’un vaste réseau survivaliste d’extrême droite.

    Ce réseau Hannibal, partiellement démantelé depuis, était en lien, dans le Land de Mecklembourg-Poméranie, avec le groupe Nordkreuz, composé d’une trentaine de membres des forces de l’ordre (police criminelle, forces spéciales de l’armée et de la police), qui préparait activement le « jour X » en amassant des armes et en tenant à jour une liste de 25 000 personnes « à éliminer » avec la liste des casernes où les « éliminations » devaient intervenir. Plusieurs membres de Nordkreuz étaient en contact avec de hauts responsables politiques, sans que l’on sache la nature de leurs rapports. Un des policiers membres du groupe a été condamné à un an et neuf mois de prison, en décembre 2019, pour possession illégale d’armes de guerre.

    Sans nier l’existence de ces « passerelles », d’autres chercheurs mettent en avant des évolutions jugées plutôt encourageantes. D’abord, de la part de certains dirigeants politiques conservateurs qui, depuis l’attentat contre Walter Lübcke, un membre de la même famille politique, ont compris qu’ils pouvaient être eux aussi la cible de l’extrême droite radicale.

    La création d’une « cellule » destinée à « mettre en lumière les activités d’extrême droite dans la fonction publique » a été annoncée

    Après l’attentat de Halle, le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, a présenté un plan d’embauches d’une ampleur sans précédent visant à créer 600 postes destinés spécifiquement à la lutte contre l’extrême droite, également répartis entre l’Office fédéral de protection de la Constitution et l’Office fédéral de police criminelle. Fin décembre 2019, M. Seehofer a aussi annoncé la création d’une « cellule » destinée à « mettre en lumière les activités d’extrême droite dans la fonction publique ». Implantée au sein du BfV, cette structure devra établir un audit concernant l’ensemble du secteur public, notamment l’armée et la police, au niveau de l’Etat fédéral et des Länder. Le résultat de cette investigation est attendu pour le courant de cette année.

    « Ce sont des signes importants, notamment toutes ces embauches, pour lesquelles les crédits ont été votés au Bundestag, même si cela prendra du temps », explique Matthias Quent. Pour ce jeune chercheur, cependant, « la réponse ne peut pas être que sécuritaire ». Une façon de dire que l’allocation de moyens supplémentaires aux services de police et de renseignement, si elle est indispensable, ne suffit pas : « La question doit être envisagée comme un sujet de société globale, en interrogeant notre culture politique, notre histoire, mais aussi en étant beaucoup plus ambitieux dans l’éducation aux valeurs démocratiques. »

    Dans un très long texte intitulé « Nous avons besoin d’un plan d’ensemble contre l’extrême droite », publié dans Die Zeit après la tuerie de Hanau et cosigné avec Stephan J. Kramer, le président de l’Office de protection de la Constitution de Thuringe, et Farhad Dilmaghani, ancien secrétaire d’Etat à l’intégration du Land de Berlin, Matthias Quent réclame également la mention de l’antiracisme dans la Loi fondamentale de la République fédérale, comme c’est le cas dans la Constitution du Land de Brandebourg depuis 2013. Un acte « pas seulement symbolique », estime-t-il, dans un pays qui a longtemps résisté à penser ses immigrés autrement que comme des « travailleurs invités »…

    Un fossé invisible

    A Hanau, l’attentat du 19 février a creusé un fossé invisible entre ceux qui se sentent visés et ceux qui ne le sont pas. Yonça, une lycéenne de 18 ans d’origine turque rencontrée en train de se recueillir devant la façade criblée du Midnight, couverte de fleurs et de bougies, pense que son avenir « n’est pas ici », bien qu’elle y soit née. « Maintenant que j’y repense, je réalise que même mes professeurs ne me considèrent pas comme une Allemande. Je ne suis jamais allée à une fête ou à un anniversaire chez des Allemands de souche. Je ne serai pas forcément adaptée à la vie en Turquie, mais je sais que j’y serai mieux acceptée. Ici, je ne me sens plus en sécurité. »

    Puçât, ouvrier d’origine turque à l’usine Dunlop, se pose des questions depuis l’attentat : « Ma femme me dit que l’avenir est mort pour nous ici. Moi, j’hésite encore. »

    Dans la région de Francfort, une nouvelle affiche, placardée par des militants antifascistes, a fait son apparition : la liste des « 300 meurtres commis par les nazis depuis 1989 » en Allemagne. Près d’un siècle après son invention, le nazisme est toujours un problème dans son pays d’origine : à l’Est, on n’en a pas assez parlé aux gens, et, à l’Ouest, certains ont le sentiment qu’on l’a trop fait.

    Dans un monde de plus en plus nationaliste, une partie des Allemands revendique le droit de l’être aussi. Sur la place centrale de Hanau, une statue, entourée de fleurs et de bougies en souvenir des victimes de l’attentat, rend hommage aux frères Grimm, les enfants du pays, au nom de leur contribution à la culture « du peuple allemand ». L’histoire ressemblera-t-elle à leurs célèbres contes qui commencent comme des fables pour enfants et se terminent en tragédies sanglantes ?
    Necrobestial Sadobreaks

  3. Les membres suivants ont remercié Abdul pour cet excellent message :

    sisou (27/04/2020)

  4. #913
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    LOUL

    https://www.lemonde.fr/international...9135_3210.html

    Donald Trump s’est montré grinçant, vendredi 8 mai, sur Fox News, en commentant le fiasco. Cinq jours plus tôt, les autorités vénézuéliennes avaient annoncé l’échec d’une tentative de débarquement d’une formidable armada rebelle résumée à deux esquifs et à une vingtaine d’hommes. « Elle n’était manifestement pas dirigée par le général George Washington », a-t-il ironisé. « Ce n’était pas une bonne attaque. Je pense qu’ils ont été pris avant même qu’ils soient à terre. Si nous devions faire quelque chose avec le Venezuela, on ne s’y prendrait pas comme ça », a ajouté le président des Etats-Unis, qui souhaite ouvertement le départ de Nicolas Maduro.

    Il est rare qu’un pareil naufrage soit annoncé à l’avance par une agence de presse. C’est pourtant ce qui s’est produit pour cette rocambolesque équipée. Le 1er mai, le journaliste de l’agence Associated Press Joshua Goodman publie une très longue dépêche consacrée à « la tentative ratée pour chasser Maduro conduite par un ancien béret vert ». L’article décrit minutieusement les efforts déployés par un ancien militaire américain, Jordan Goudreau, pour mettre sur pied une petite milice capable de débarquer sur les côtes vénézuéliennes afin de déclencher un soulèvement général.

    Un seul détail manque au récit : l’opération présentée comme avortée va avoir vraiment lieu, deux jours plus tard. Elle se solde par la mort de huit insurgés et par la capture des autres, dont deux ressortissants américains, et ravive le souvenir d’un passé de soldats de fortune et de coups tordus des Etats-Unis en Amérique latine.

    Tentative ratée de coup d’Etat contre Nicolas Maduro

    Tout commence un an plus tôt, après une tentative déjà ratée de coup d’Etat contre Nicolas Maduro, en avril 2019. A cette époque, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, nostalgique revendiqué de la débâcle anticastriste de la baie des Cochons, en 1961, pèse de tout son poids pour convaincre une partie du régime vénézuélien de se retourner contre l’héritier d’Hugo Chavez. Sans succès.

    Quelques semaines plus tard, une coalition hétéroclite se retrouve dans un grand hôtel de Bogota, en Colombie. Il y a là des opposants historiques, des renégats du chavisme et les inévitables mercenaires, représentés en l’occurrence par Jordan Goudreau qui a servi en Irak et en Afghanistan. L’ancien soldat a été chargé en février, dans ce même pays, de la sécurité d’un concert de soutien à Juan Guaido, le président autoproclamé du Venezuela, reconnu par les Etats-Unis et une bonne partie des pays d’Amérique latine et d’Europe. Le concert a été financé par le magnat britannique Richard Branson.

    Les lettres de créance de Jordan Goudreau, basé à Miami et qui a fondé sa propre société de sécurité après avoir quitté l’armée, sont minces. Il ne peut guère mettre en avant qu’un lien ténu avec l’ancien garde du corps de Donald Trump Keith Schiller. Interrogée par les autorités colombiennes, intriguées par ce ballet, l’Agence centrale de renseignement (CIA) américaine décline d’ailleurs tout lien avec l’ancien béret vert. Ce dernier s’appuie sur un ancien chaviste, Cliver Alcala, qui avait rang de général avant de se retourner contre le régime, et qui ronge son frein en Colombie.

    Des proches de Juan Guaido se rapprochent de l’attelage. Un conseiller du président autoproclamé, Juan José Rendon, qui vit à Miami, signe un contrat avec la société du béret vert, puis le lien se distend. Imperturbables, les putschistes rassemblent en Colombie dans trois camps d’entraînement de maigres troupes composées principalement de militaires qui ont fait défection. Les moyens manquent plus que les ego, alors que Jordan Goudreau a fixé le budget de ce coup d’Etat à 1,5 million de dollars (1,37 million d’euros), mais l’ancien béret vert continue d’aller de l’avant. Puis tout s’emmêle.

    En mars, les forces de sécurité colombiennes interceptent une cargaison d’armes, probablement destinée aux putschistes, d’une valeur de 150 000 dollars. Puis Cliver Alcala est rattrapé par son passé au sein du régime vénézuélien. Poursuivi par la justice américaine pour sa participation à un trafic de drogue, il se constitue prisonnier et est placé en détention provisoire dans une prison de New York. Vraisemblablement infiltrés par le renseignement vénézuélien, les trois camps d’entraînement de fortune se vident d’une bonne partie de leurs hommes.

    Le projet de Jordan Goudreau devient le 1er mai le secret le mieux partagé, mais l’ancien béret vert refuse de renoncer. Deux jours plus tard, deux embarcations sont interceptées par les forces de Nicolas Maduro. Des coups de feu sont échangés. Huit insurgés périssent. Deux Américains sont faits prisonniers. Il s’agit de Luke Denman, un ancien des forces spéciales américaines, auxquelles il a appartenu de 2006 à 2011, et d’Airan Berry, lui aussi ancien des forces spéciales, qui a servi de 1996 à 2013.

    « C’était clairement l’œuvre d’amateurs »
    Le béret vert est bien le seul à défendre la tentative. L’entourage de Juan Guaido assure n’être lié ni de près ni de loin au désastre. Washington fait de même. « Il n’y a pas eu de participation directe du gouvernement américain à cette opération, déclare le 6 mai le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo. Si nous avions été impliqués, ça se serait passé différemment. » « Nous voulons ramener tous les Américains à la maison », poursuit Mike Pompeo dans une allusion aux deux hommes capturés, que Caracas exhibe à la télévision comme de précieuses prises de guerre, et les preuves d’un complot d’Etat ourdi à la Maison Blanche. « Si le régime de Maduro décide de les placer en détention, nous utiliserons tous les outils dont nous disposons pour essayer de les récupérer », avertit le secrétaire d’Etat.

    Fernando Cutz, chargé du dossier du Venezuela au sein du Conseil de sécurité nationale sous Barack Obama et pendant les premiers mois du mandat de Donald Trump, est formel : « Je ne crois pas que mes collègues qui sont toujours là auraient pu être impliqués dans une chose pareille, c’était clairement l’œuvre d’amateurs. » Personne pour autant n’a affirmé tomber des nues à Washington. « Nous ne sommes pas prêts à partager plus d’informations sur ce qui s’est passé », a d’ailleurs déclaré le secrétaire d’Etat.

    « On peut supposer qu’à un certain niveau, il y a eu des individus au sein du gouvernement américain qui ont été probablement largement au courant de ces individus par le biais du renseignement et d’autres canaux, poursuit Fernando Cutz. Mais je ne pense pas que cela a pu remonter jusqu’au président ou au gouvernement. Et je crois que cela n’a jamais pu être pris au sérieux. »

    Depuis Miami, où il avait annoncé le début de l’opération, l’ancien béret vert peut mesurer l’étendue des dégâts : l’entreprise destinée à abattre Nicolas Maduro l’a en fait renforcé.
    Necrobestial Sadobreaks

  5. #914
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    OMEGALUL

    Déjà condamné en 1996, l’ancien homme d’affaires était accusé d’avoir détourné des fonds de son association contre la récidive, une cause dont il s’était fait le héraut.
    sa recivide !!!!

    https://www.lemonde.fr/societe/artic...1567_3224.html
    Necrobestial Sadobreaks

  6. Les membres suivants ont remercié Abdul pour cet excellent message :

    sisou (03/06/2020)

  7. #915
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  8. #916
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    Pierre Botton, un voleur qui fait pas les choses à moitié, vraiment un personnage méprisable

    Pierre Botton s’est livré, mardi 2 juin, à la police de Nice et a été conduit à la prison de la Santé, dans la capitale, où il a été incarcéré dans la soirée. Quelques heures plus tôt, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné l’ex-homme d’affaires, âgé de 65 ans, devenu le héraut de la lutte contre la récidive, à cinq ans d’emprisonnement ferme pour abus de confiance, abus de biens sociaux, faux en écriture privée et blanchiment de fraude fiscale, assortis d’une amende de 150 000 euros et du paiement de 2 millions d’euros d’intérêts civils. Le tribunal l’a en revanche relaxé du délit d’escroquerie. La peine prononcée va au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé quatre ans d’emprisonnement. En raison de son absence au prononcé du jugement, le tribunal, présidé par Benjamin Blanchet, avait décerné contre lui un mandat d’arrêt.

    Cruel épilogue du parcours d’un homme qui, après avoir été condamné en 1996 à cinq ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois avec sursis – pour des délits de même nature dans un dossier politico-financier impliquant son ex-beau-père, Michel Noir, ancien maire de Lyon et ancien ministre –, s’était consacré à l’amélioration de la vie en détention et à l’aide à la réinsertion des primo-délinquants avec son association Ensemble contre la récidive. « Six cent deux jours de prison et sept maisons d’arrêt m’ont permis de trouver un sens à ma vie. Jusque-là, je n’avais qu’une valeur, l’argent ! J’étais en train de me perdre », confiait-il en 2015 à Paris Match.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pierre Botton au cruel miroir de son procès
    « J’avais l’impression de servir à quelque chose. De payer ma dette à la société. On ne peut pas remettre en cause ma cause ! Je ne supporterai pas qu’on dise que j’ai tapé dans la caisse, je ne le supporterai pas ! », disait-il encore au premier jour de l’audience, le 3 mars, en évoquant son combat pour les prisons. Au président qui lui demandait quels enseignements il avait tirés de sa détention, Pierre Botton avait répondu : « La solitude. La rupture. Les cris. Le bruit. La violence. Et la souffrance. Une immense souffrance. »

    « Enrichissement personnel »

    Mais ses proclamations et son émotion avaient buté sur une autre réalité. L’enquête du parquet, ouverte en 2017, estimait que l’ex-homme d’affaires avait détourné entre 54 % et 61 % des donations perçues par l’association au profit de sa société de conseil Au cœur des prisons (ACDP). Ces fonds étaient eux-mêmes affectés à son train de vie personnel, qui s’est élevé pendant trois ans de 20 000 euros à 36 000 euros par mois.

    « Quand un mécène versait de l’argent à cette association, il finançait entre un quart et un tiers des dépenses personnelles de Pierre Botton », avait résumé le procureur Julien Goldszlagier. Cela lui a permis de régler les pensions alimentaires pour ses anciennes compagnes et ses filles, les frais d’entretien de la piscine, des factures de gaz, d’électricité ou d’assurance d’une villa de Cannes (Alpes-Maritimes), une partie du loyer et l’aménagement d’une cuisine dans son logement parisien, des séjours en famille à Londres, Amsterdam, Dubaï, les Seychelles ou en Thaïlande, l’achat « d’objets récréatifs pour adultes » (oh boi il se fourre avec l'argent des donateurs), de vêtements de marque ou de maroquinerie.

    Dans son jugement, le tribunal indique que « de tels faits d’enrichissement personnel sont d’autant plus intolérables au corps social qu’ils ont été commis par une personne fortement médiatisée, et ayant usé d’un réseau d’influence étendu pour incarner, à tort ou à raison, le légitime combat contre la surpopulation carcérale, pour le respect des droits des personnes privées de liberté et la prévention de la récidive. » Un « dommage significatif occasionné à la confiance publique » qui justifie, selon les juges, « une réponse pénale particulièrement ferme et dissuasive ».

    « Confondante résolution à enfreindre la loi »

    Pierre Botton « n’a, de manière assez déconcertante, tiré aucune des conséquences qui s’imposaient [à lui] », observent les juges, en soulignant sa « confondante résolution à enfreindre la loi, quel que soit le risque pénal encouru et en dépit du déshonneur enduré par le passé, dès lors que cette violation est susceptible de faire croître son patrimoine personnel et de servir ses intérêts propres ».

    A l’encontre de son ex-épouse, Anne-Valérie Noir, qui était poursuivie pour abus de confiance en sa qualité d’ancienne présidente de l’association Ensemble contre la récidive, le tribunal a prononcé une peine de quinze mois avec sursis, « compte tenu de l’ascendant psychologique et affectif pris par M. Botton sur une femme déjà fortement éprouvée par un contexte familial et conjugal particulièrement douloureux. » Ces condamnations ont été assorties, pour l’un et l’autre, de l’interdiction définitive de gérer une entreprise ou une association.
    Necrobestial Sadobreaks

  9. #917
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    J'espère qu'ils ont vérifiés qu'il n'y avait personne en dessous LUL
    Necrobestial Sadobreaks

  10. Les membres suivants ont remercié Abdul pour cet excellent message :

    Lizandrya (03/06/2020)

  11. #918
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    J'lis un article sur proposition des républicains sur l'annualisation du temps de travail qui permettrait d'augmenter le volume d'heure travaillé sans remettre en cause la semaine des 35H. Par ex, tout ceux qui n'ont pas pu travailler pendant le confinement pourraient récupérer des heures de travail.

    Bref

    Une petite phrase dans l'article a rappelé à mon bon souvenir le fameux Fillon et ses idées révolutionnaires :

    Et le parti a changé depuis la campagne présidentielle de 2017, lorsque François Fillon avait proposé de faire travailler les Français 39 heures par semaine, payées 37.
    XDXD
    Necrobestial Sadobreaks

  12. #919
    Great Old One Dragonslayer Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Lizandrya 4D Being Avatar de Lizandrya
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    Ahah, j'y suis déjà (convention Syntec), râté les républicains !

  13. #920
    Illegal Lolistep Dragonslayer Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Abdul God of War Avatar de Abdul
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    ah ouais ça existe déjà ?
    Necrobestial Sadobreaks

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